Chris Lovasoa Kauffmann
18h – 21h
Lovay Fine Arts is pleased to present Pyramids, an exhibition of new works by Chris Lovasoa Kauffmann (*1999, lives in Geneva).
Lovay Fine Arts is pleased to present Pyramids, an exhibition of new works by Chris Lovasoa Kauffmann (*1999, lives in Geneva).
Pyramids présente un ensemble de nouvelles œuvres de l’artiste Chris Lovasoa Kauffmann (*1999, vit à Genève). L’exposition réunit neuf sculptures et une série de tirages réalisés à partir d’objets récupérés et de rebuts issus des médias numériques.
L’artiste s’intéresse aux transformations culturelles produites par les logiques algorithmiques et les systèmes contemporains de classification, qui redéfinissent notre rapport au savoir. Les individus sont amenés à construire leurs connaissances et leurs identités à partir de systèmes de recommandation, d’archives infinies, de signes et d’esthétiques préexistants. Si le XXème siècle semblait tourné vers le futur, le XXIème paraît davantage regarder vers le passé. Dans un monde traversé par les incertitudes, l’imaginaire collective adopte une posture nostalgique où le présent n’est qu’un aggloméra de formes du passé.
Contemplant ce terrain, le travail de Chris Lovasoa Kauffmann se révèle comme une sorte d’épistémologie paranoïaque-critique. Le cœur de l’exposition est constitué de neuf « pyramides » évoquant autant les architectures monumentales que les hiérarchies invisibles des bases de données.
En réalité ces meubles à rangement de CD proposent des systèmes de classification absurdes et dysfonctionnels selon des logiques propres qui oscillent entre méthode scientifique et croyances. Chaque sculpture fonctionne comme un système autonome de classification, jusqu’à produire une mise en abyme où chaque œuvre semble se regarder elle-même, en boucle. Ici, l’irrationnel semble reprendre le dessus. Autant que les pyramides sont en général des monuments sacrés, l’artiste conçoit ses sculptures comme des totems, des entités mystiques composées de fragments culturels.
En parallèle, la série photographique Haunting Strategy 1 révèle l’obsession contemporaine pour le lost media (quête obsessive visant à retrouver et préserver des fragments de médias numériques liés à des communautés marginales d’Internet). Cette série puise dans des forums autour du jeu télévisé français Fort Boyard, où les utilisateurs recherchent à la manière d’historiens des informations disparues des épisodes des saisons précédentes. Cette enquête pseudo-archivistique devient ici un protocole artistique. Chris Kauffmann rassemble avec une précision absurde la totalité des épisodes de la saison 2007, en assemblant la photo de chaque équipe, la date de diffusion et la couleur de leurs t-shirts. Au fil de la série, des erreurs s’insèrent jusqu’à qu’un œil mystique vienne parasiter l’image.
L’exposition Pyramids cherche précisément à faire dialoguer ces différentes logiques : celles des systèmes de classement de la connaissance avec celles du mythe et de la croyance. En réponse à un certain désenchantement du monde, les sculptures tentent de retrouver une forme de magie au cœur même de la surabondance d’images, d’objets et d’informations, transformant une histoire personnelle en une mythologie contemporaine.